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Comment mettre du bien-être au cœur du cabinet d'avocat ?

Dernière mise à jour : il y a 9 heures

Ce sont des stagiaires ou avocats brillants, bosseurs, souvent passionnés. Et pourtant, de plus en plus d’avocats et de jeunes juristes quittent la robe, épuisés ou déçus. Cette profession prestigieuse attire autant qu’elle peut user, parfois. Pour les cabinets d'avocats, un nouveau défi s’impose : repenser en profondeur la manière de recruter, manager et faire durer les talents. Car derrière les discours sur la performance, un mot s’impose doucement, mais sûrement : bien-être.

 

Sommaire :


 


I. Le mal-être grandissant dans la profession d'avocat


La désillusion n’est plus un sujet tabou. Selon notre enquête Pamplemousse sur le bien-être dans la profession d’avocat (2023), 67 % des jeunes avocats interrogés ont déjà songé à changer de voie, et près de 80 % estiment que leur travail à un impact négatif sur leur santé mentale.


Charge de travail démesurée, manque de reconnaissance, absence de cadre : les causes sont multiples. Et elles ne concernent pas seulement les grandes structures. L’épuisement touche aussi bien les collaborateur·rice·s de cabinets à taille humaine que les avocats solos.


À cela s’ajoute un sentiment d’isolement, de perte de sens, et une forme de solitude dans l’exercice professionnel, renforcée par un management parfois vertical, voire brutal.


II. Ce que veulent vraiment les jeunes talents du droit


Or, une partie de la nouvelle génération d’avocats (les "jeunes talents du droit", comme on les appelle sur ce site) n’a plus peur de dire non.


Elle aspire à une carrière exigeante, oui, mais pas au prix de sa santé mentale. Plusieurs études le montrent : les jeunes juristes attachent aujourd’hui autant d’importance à la qualité du cadre de travail qu'à la rémunération.

« J’aime le droit, mais je ne veux pas finir à 40 ans avec un burn-out, un divorce et une vie sans recul », confie une collaboratrice de 29 ans.

Derrière ces témoignages, une exigence : être considéré comme un être humain, pas une ressource interchangeable. Nous avons posé la question à notre communauté de jeunes avocats et voici ce qui ressort des attentes :


Top 5 des attentes exprimées par les jeunes avocats :


  1. Un management clair, respectueux et à l'écoute

  2. Une charge de travail soutenable et prévisible

  3. Des perspectives de progression réelles (compétences, autonomie, clientèle personnelles, devenir associé)

  4. Des outils modernes (logiciels, documentation, organisation)

  5. Une reconnaissance du travail accompli (feedback, visibilité, valorisation)


Quand je recommande des formations en management à mes amis avocats associés, la plupart me regarde en faisant les gros yeux

nous explique Augustin, fondateur de Pamplemousse.


C'est donc gagnant-gagnant !


Dans le secteur du droit, ces enjeux deviennent stratégiques : recrutement, notoriété, même image client, tout est lié.

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III. 4 leviers concrets pour un cabinet plus humain


Pour des équipes heureuses, et pour une performance globale du cabinet d'avocats plus importante, voici les leviers différents complémentaires à activer, en gardant à l'esprit qu'un avocat est avant tout... un être humain (avec ses peurs, ses besoins, ses ambitions, ses goûts, ses émotions... !).


1. Repensons les conditions de travail


Des bureaux lumineux, des évènements informels (petits-déjeuner, séminaires, apéros, célébration des anniversaires et des succès...), une communication claire sur les attentes concernant les horaires (stop au présentéisme)…

Rien de révolutionnaire, mais tout change quand on s’y met vraiment.


Clé 1 – Instaurer un “rituel bien-être” hebdo

Ex : chaque vendredi matin, café partagé sans ordre du jour, ou “brunch feedback” en équipe. Ce type de rituel détend, crée du lien et désacralise le rapport hiérarchique.


Clé 2 – Clarifier les règles de déconnexion (par écrit)

Ex : “Pas de mails après 19h” ou “Pas d’attente de réponse le week-end” inscrit dans une charte interne. Sinon, chacun interprète les attentes… et culpabilise.



2. Management bienveillant ≠ laxisme


Respecter, écouter, expliquer. Ce n’est pas faire preuve de faiblesse. C’est poser un cadre sain qui responsabilise chacun.


Clé 1 – Pratiquer le feedback “1-2-1” toutes les 2 semaines

10 minutes en visio ou en live avec chaque membre de l’équipe : 1 point positif, 1 point à améliorer, 1 question ouverte. Et attention, comme dans un couple, ça se fait dans les deux sens ! :

  • “Qu’est-ce que je pourrais améliorer dans mon management ?”

  • "Comment je pourrais améliorer mes conclusions ?"


Clé 2 – Systématiser le “brief + debrief” des dossiers sensibles

Objectif : votre rôle est de faire grandir. Cela impose de coacher et non pas forcément corriger. Cotre but est de poser le cadre, réduire l’anxiété, éviter les non-dits… et renforcer la transmission des bons réflexes. Vous vous remercierez !


3. Reconnaître l’individu derrière l’avocat


Souplesse, émotions, écoute, individualisation des parcours : les meilleurs managers savent que chaque profil a ses forces et ses faiblesses.


Clé 1 – Créer un mini-carnet “profil de collaboration”

Format simple Notion ou papier à propos de vos collaborateurs (ou de votre associé) : objectifs, sources de stress, ambitions, mode de fonctionnement préféré. À compléter dès l’arrivée, à relire régulièrement.


Clé 2 – Permettre des aménagements personnalisés sans justification

Ex : “Mercredi matin off”, “home office 2 jours/semaine”, “travail en horaires décalés”. C’est la confiance qui crée la fidélité, pas le contrôle. Vos collaborateurs sont des libéraux, après tout. À vous de communiquer clairement sur vos attentes.


4. Donner du sens


Partager une vision, mettre en valeur la mission du cabinet, aligner les dossiers avec les valeurs. Le sens est un moteur puissant pour la nouvelle génération de jeunes talents du droit.


Clé 1 – Partager les coulisses et les victoires en équipe

Ex : retour client, gain d’un dossier sensible, impact réel d’un contentieux gagné pour un entrepreneur. Cela donne de la chair au quotidien.


Clé 2 – Organiser un “onboarding mission/valeurs” à chaque nouvelle arrivée

Expliquez pourquoi le cabinet existe, en quoi il se distingue, et à quoi il veut contribuer. Le sens se transmet, il ne s’infuse pas. Votre histoire est un formidable liant !




IV. Vers un renouveau culturel dans la profession ?


Et si on changeait enfin de logiciel ? Le modèle pyramidal, le culte du sacrifice, les horaires déments, le manque de respect… Il est temps, pour quelques cabinets, de passer à autre chose.


Les cabinets qui osent expérimenter

Horaires flexibles, binômes intergénérationnels, temps partiels choisis, feedbacks inversés… Des pistes sérieuses et réalistes.


Pour une nouvelle génération d’avocats fiers, alignés et solides

On ne parle pas de confort, on parle d’avenir. Faire le choix du bien-être, c’est faire le choix de la durée, de la qualité et de l’excellence.

Voici 3 actions allant vers le bien-être des collaborateurs (et stagiaires, sans oublier les assistants juridiques et salariés !)


1. Gide Loyrette Nouel et sa commission QVT


Le cabinet Gide a créé une « Commission Qualité de Vie au Travail » composée d'avocats et de salariés. Cette commission propose des actions en faveur de l'inclusion, de la diversité et du bien-être au travail. Parmi les mesures adoptées :​

  • Allongement du congé maternité de deux semaines.​

  • Mise en place d'une salle de santé dédiée, notamment à l'allaitement.​

  • Formation au management pour les associés et counsels.​

  • Programme de mentorat pour les avocats collaborateurs et counsels.


Ces initiatives visent à offrir un cadre de travail épanouissant et valorisant pour tous les membres du cabinet. ​


2. Norton Rose Fulbright et ton programme Breathe


En 2018, Norton Rose Fulbright a lancé "Breathe", un réseau dédié au bien-être de ses collaborateurs. Ce programme aborde diverses thématiques liées au bien-être, notamment les congés parentaux, les relations humaines et le management. Ces initiatives visent à créer un environnement de travail plus sain et équilibré pour les avocats du cabinet. ​ Whaou !


3. Initiatives du Barreau de Paris


Sous l'impulsion de la bâtonnière Julie Couturier, le Barreau de Paris a lancé les « chantiers de la collaboration » visant à améliorer les conditions de travail des avocats collaborateurs. Ces chantiers abordent des sujets tels que le statut des collaborateurs et la relation entre avocats et magistrats. ​


À voir si le Barreau arrive à insuffler une nouvelle énergie !


Conclusion : transformer le cabinet en terre d’avenir


Ce qui se joue ici, ce n’est pas qu’une simple question de RH ou de confort. C’est une réinvention du cabinet comme lieu de transmission, d’excellence, mais aussi d'épanouissement. C’est une invitation à aligner discours et pratiques. Car un cabinet qui prend soin de ses équipes attire les meilleurs, les fait grandir, et les garde. Un cercle absolument vertueux pour un stress diminué pour collaborateurs et associés/dirigeants et un business plus florissant.


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