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Cours de Droit de l'Union européenne
SOMMAIRE : ⤵️
Pendant les études de droit, tu verras de nombreuses déclinaisons du droit de l’Union européenne (anciennement appelé droit communautaire) : son système, ses institutions ou encore son droit matériel, il y en a pour tous les goûts.
Pour cause, ce droit « supranational » s’intègre à l’ordre juridique de ses États membres (on te renvoie à l’arrêt Costa contre Enel) et l’influence naturellement.
Quelle que soit la spécialité que tu envisages, tu trouveras probablement une matière en droit de l’Union européenne, ou, dans tous les cas, des influences de ce droit !
Si tu ne l’as pas encore compris, c’est une discipline importante qui te permet de mieux saisir certains mécanismes qui en sont issus (par exemple, en L2, tu étudies la responsabilité du fait des produits défectueux. Ce régime a d’abord été posé par une directive européenne (directive 85/374/CEE du 25 juillet 1985) transposée en droit français. Les exemples de ce type sont nombreux !).
On te propose alors un tour d’horizon général en droit de l’Union européenne, une petite balade au clair de lune pour en prendre plein les yeux. Puisque choisir c’est renoncer, on essaie de t’apporter une vision d’ensemble. Ainsi, lors de notre périple, tu croiseras des aspects de différentes matières que tu découvriras progressivement durant ton cursus, comme le Traité de Lisbonne, Handelsgesellschaft (et un jour, tu sauras même l’écrire sans regarder l’orthographe, comme nous à l’instant) ou encore la primauté
Les outils de révision en droit de l'Union Européenne
Les cours en Droit de l'Union européenne
C'est quoi le droit de l'Union européenne ?
Le droit communautaire est appelé droit de l’Union européenne* : c’est le droit issu de cette union d’États, de droit et de citoyens. Ses sources sont diverses. Il est guidé par de grands principes et façonné par différentes institutions de l’Union européenne.
💡 *Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, on ne peut plus parler de droit communautaire, car il n’y a plus de Communauté européenne. Il n’y a plus qu’une seule entité politique aujourd’hui : l’Union européenne.
Les caractères de l’Union européenne
L’Union européenne* est une union, c’est-à-dire qu’elle se caractérise par la relation qui se crée entre elle et ses États membres. C’est une union d’État, de droit et de citoyens.
💡*On parle d’Union européenne depuis le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 (entré en vigueur le 1er décembre 2009). Cet acte modificatif a amendé le Traité de Maastricht devenu « TUE » et le « TCE » devenu « TFUE » au sein duquel il a remplacé toutes les mentions « Communauté » par « Union ».
Elle est composée de 27 États membres depuis le Brexit de 2020 :
Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Tchéquie (République tchèque), Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède.
➡️ 1973 : Danemark, Irlande et Royaume-Uni
➡️ 1981 : Grèce
➡️ 1986 : Espagne et Portugal
➡️ 1995 : Autriche, Finlande et Suède
➡️ 2004 : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie
➡️ 2007 : Bulgarie et Roumanie
➡️ 2013 : Croatie, il existe plusieurs pays candidats à l’heure actuelle : Albanie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Turquie, Ukraine, Moldavie et Bosnie-Herzégovine (qui ont le statut de candidats).
Le Kosovo et la Géorgie sont des candidats potentiels (n’ont pas le statut officiel, mais ont déposé leur candidature).
Trois autres pays ont, quant à eux, abandonné leurs candidatures (Suisse, Islande et Norvège).La candidature du Maroc a été rejetée en 1987 (car pas géographiquement européen).Le Royaume-Uni a quitté l’UE en 2020 à la suite du Brexit (référendum de 2016).
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Une union d'États
Sans État, l’Union européenne n’existe pas. Néanmoins, ces derniers n’intègrent l’Union européenne que sous certaines conditions, et tu le sais déjà (sauf si tu vis dans une grotte), ils peuvent sous conditions se retirer (Brexit, ça ne te dit rien ?).
La condition d'adhésion
L’article 49 du Traité sur l’Union européenne (TUE) dispose que « les critères d’éligibilité approuvés par le Conseil européen sont pris en compte ».
Ce Conseil a dégagé 3 critères les 21 et 22 juin 1993 :
➡️ Un critère politique : il était implicite à l’origine et a fini par être consacré par le traité d’Amsterdam du 2 octobre 1997.
L’article 49 du TUE le reprend en disposant que « tout État européen qui respecte les valeurs visées à l’article 2* et s’engage à les promouvoir peut demander à en être membre ».
*Ces valeurs sont le respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, d’État de droit (État soumis au droit), respect des droits de l’Homme y compris des minorités. Elles sont caractérisées par le pluralisme (des idées et des opinions), la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les F/H (art. 2 TUE). La CJUE rappelle que tous les États membres partagent ces valeurs en y adhérant librement et volontairement (CJUE, 25 juil. 2018, Minister for Justice and equality, aff. C-216/18).
➡️ Un critère économique : il s’agit ici de démontrer l’existence d’une économie de marché viable pouvant faire face à la pression concurrentielle du marché intérieur de l’UE.
➡️ Un critère comportemental : l’adhésion aux valeurs de l’Union doit permettre aux États membres de respecter les finalités de l’UE et l’ensemble de son droit.
La faculté de retrait
Originairement, il n’existait pas de droit de retrait explicite. Le Traité CEE était muet à ce sujet. Il a fallu attendre le Traité de Lisbonne (décidément !) du 13 décembre 2007 pour que ce silence soit comblé.
Dans ce texte une clause de retrait a été insérée. Désormais, l’article 50 § 1 du TUE dispose que « tout État membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l’UE ».
💡 Il s’agit d’une faculté unilatérale de retrait : l’État membre n’a pas à se concerter avec les autres États ou les institutions de l’UE pour prendre sa décision. La CJUE confirme cette position en indiquant que « la décision de retrait relève de la seule volonté de l’État membre, dans le respect de ses règles constitutionnelles, et dépend donc de son seul choix souverain » (CJUE, 10 déc. 2018, Wightman, aff. C-621-18).
Cette souveraineté impose, par ailleurs, qu’il ne soit pas possible d’imposer à un État membre de se retirer (même décision). Si la décision est unilatérale et souveraine, en revanche, le retrait fait suite à une procédure négociée (art. 50 § 2 TUE). Un accord sera négocié et conclu avec l’UE pour fixer les modalités du retrait.
💡 Si l’État retrayant souhaite de nouveau adhérer à l’UE, il devra respecter la procédure d’adhésion prévue par l’article 49 (nous y reviendrons plus tard). Il ne tire aucun avantage à avoir déjà été État membre. Il faut donc réfléchir à deux fois avant de claquer la porte !Le Brexit constitue une illustration de cette faculté de retrait.
Une union de droit
Qualifiée d’union de droit parce qu’elle assure (l’UE) le respect des droits fondamentaux. En effet, qu’il s’agisse de ses institutions ou de ses États membres et même des États candidats, tous sont soumis à cette « exigence constitutionnelle ». En réalité, cette démarche a été affirmée progressivement.
C’est avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (1er décembre 2009) que la CJUE a commencé à se référer à l’expression « Union de droit » dans ses décisions (CJUE, 29 juin 2010, E. et F., aff. C-550/09).
Le respect des droits fondamentaux constitue, d’après la Cour, une condition de la légalité des autres actes et la Cour opère un contrôle pour s’en assurer (CJCE, 3 sept. 2008, Kadi/Conseil et Commission, aff. C-402/05, § 285).
💡 On parle de CJCE jusqu’en 2009, car l’appellation UE est arrivée avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009. On rabâche, n’est-ce pas ?
Cette exigence impose alors le respect des droits fondamentaux aux institutions de l’UE. C’est d’abord la jurisprudence qui en a assuré la protection dans le silence des traités (en ce sens, CJCE, 12 nov. 1969, Stauder, aff. C-29/69), avant d’être consacrée par celui qu’on ne présente plus lors de cette excursion : le Traité de Lisbonne.
➡️ La protection des droits fondamentaux par la jurisprudence
C’est surtout l’arrêt fondateur, Internationale Handelsgesellschaft, toi aussi tu es essoufflé ? On t’a dit une balade, mais on n’a pas dit qu’elle serait de tout repos ! (CJCE, 17 décembre 1970, aff. C-11/70) qui est venu en assurer l’effectivité en affirmant que « le respect des droits fondamentaux fait partie intégrante des principes généraux du droit dont la Cour assure le respect ».
Retiens que l’arrêt Nold vient compléter cette jurisprudence protectrice en diversifiant les sources des droits fondamentaux et en les hiérarchisant (CJCE, 14 mai 1074, aff. C-4/ 73).
Tu croiseras d’autres protagonistes sur la route, mais on te laisse le plaisir de les découvrir toi-même (notamment l’arrêt Rutilli, CJCE, 28 oct. 1975, aff. C-36/ 75).
➡️ La protection des droits fondamentaux par le Traité de Lisbonne
Avant que le héros de cette excursion n’entre en vigueur, une Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a été signée à Nice le 7 décembre 2000 (pas la meilleure période pour visiter Nice, cela dit !).
À l’origine, dépourvue de caractère contraignant (CJCE, 27 juin 2006, Parlement c. Conseil de l’UE, aff. C-540-03), elle n’était pas prise comme fondement direct par la CJUE (ex. : CJCE, 9 octobre 2001, Pays-Bas c. Parlement et Conseil, aff. C-377/98).
C’est seulement avec le Traité de Lisbonne qu’une valeur est donnée à la Charte qui revêt désormais la même que les traités (art. 6 TUE) → elle est hissée au rang de droit primaire. Pas de panique, on y vient !
💡 Son article 51 en précise le champ d’application qui concerne « les organismes, institutions et organes de l’UE, ainsi que les États membres lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union ».
Une union de citoyens
L’Union a permis l’instauration d’une citoyenneté européenne révélant ainsi la dimension politique de cette construction, évoluant vers d’autres auspices que ceux purement économiques de ses origines. Tu vois, la balade est sympa !
Toute personne ayant la nationalité d’un pays membre est citoyenne de l’UE (art. 9 TUE). Cette citoyenneté s’ajoute à la nationalité et ne la remplace pas.
Cette situation permet aux citoyens européens de jouir de droits attachés à cette qualité comme :
➡️ Le droit de circulation et de séjour (art. 21 § 1 TFUE) ;
➡️ Le droit de vote et d’éligibilité aux élections européennes (art. 39 CDFUE) ;
➡️ Le droit à la protection diplomatique et consulaire (art. 46 CDFUE) ;
➡️ Le droit à l’initiative citoyenne (art. 11 TUE et art. 24 al. 1 TFUE).
Ces différents aspects, tu les approfondis généralement en « droit matériel de l’Union européenne ». Tu verras au moment venu, c’est passionnant !
Quelles sont les sources du droit de l’Union européenne ?
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